Rupture du LCA · Sous-rubrique 1/4

Anatomie et diagnostic de la rupture du LCA

Comprendre à quoi sert le LCA, comment il se rompt et comment le diagnostic est posé. Une explication claire, pour vous aider à mieux échanger avec votre chirurgien.

1. À quoi sert le LCA ?

Le ligament qui stabilise le genou

Le ligament croisé antérieur, ou LCA, est un cordon fibreux situé au centre du genou. Il relie le fémur au tibia et joue un rôle essentiel : il empêche le tibia de glisser vers l'avant et limite les mouvements de rotation du genou.

Concrètement, c'est lui qui vous permet de pivoter, de changer brusquement de direction ou de réceptionner un saut sans que votre genou ne se dérobe. Sans LCA fonctionnel, le genou perd sa stabilité, surtout dans les sports qui sollicitent les pivots — la course en ligne droite, en revanche, reste possible.

À retenir

Le LCA est un stabilisateur central du genou. Sa rupture entraîne une perte de stabilité qui justifie une prise en charge spécialisée.

2. Comment se produit la rupture ?

Lors d'un pivot ou d'un changement de direction

La rupture du LCA survient le plus souvent sans contact avec un autre joueur. Le mécanisme typique : un appui sur la jambe genou tendu, suivi d'une rotation brusque, le pied bloqué au sol.

Tous les sports de pivot sont concernés : football, ski, basketball, handball, rugby, tennis, danse, arts martiaux… La blessure peut aussi survenir lors d'une simple chute, d'une réception de saut ou d'un changement de direction mal contrôlé.

3. Les signes qui doivent alerter

Comment reconnaître une rupture du LCA ?

Au moment de la blessure, plusieurs signes peuvent être présents :

  • Un craquement audible ou perçu (dans 6 cas sur 10).
  • Une douleur vive et une impression de genou qui « se déboîte ».
  • L'impossibilité de continuer l'activité en cours.
  • Un gonflement du genou qui apparaît dans les heures qui suivent.
  • Une sensation d'instabilité aux premiers pas — le genou « lâche ».

La douleur initiale s'estompe souvent en quelques jours, et la marche redevient possible. Cette amélioration rapide ne signifie pas que le ligament est intact. Beaucoup de patients consultent tardivement parce qu'ils pensent que « ça va mieux » — alors que le LCA est bel et bien rompu.

À retenir

Un genou qui gonfle dans les heures suivant un traumatisme sportif doit faire évoquer une rupture du LCA. Une consultation spécialisée s'impose, même si la douleur diminue.

4. L'examen par le chirurgien

Le diagnostic est clinique

Le diagnostic de rupture du LCA est avant tout clinique. C'est l'examen physique réalisé par un chirurgien expérimenté qui pose le diagnostic, à travers trois manœuvres complémentaires testant la stabilité du genou. Les examens d'imagerie viennent ensuite confirmer ce diagnostic et explorer les lésions associées.

Test n°1

Test de Lachman

Genou légèrement plié, le chirurgien tire le tibia vers l'avant. Si le tibia se déplace plus qu'à la normale, c'est le signe le plus fiable d'une rupture du LCA.

Test n°2

Tiroir antérieur

Genou plié à 90°, même principe : le chirurgien évalue le déplacement du tibia. Comparaison avec le genou sain pour détecter une laxité anormale.

Test n°3

Pivot-shift

Test rotatoire : le chirurgien mobilise le genou en flexion-rotation. La perception d'un ressaut traduit l'instabilité caractéristique du genou sans LCA.

5. Les examens d'imagerie

Confirmer et rechercher les lésions associées

L'imagerie complète l'examen clinique. Elle confirme le diagnostic et surtout, elle recherche les lésions associées : ménisques, cartilage, autres ligaments. Ces lésions sont fréquentes — près d'un patient sur deux a aussi une lésion du ménisque — et leur prise en charge influence directement la stratégie chirurgicale.

Radiographies

Premier examen, indispensable. Elles éliminent une fracture associée et permettent d'évaluer l'anatomie osseuse du genou.

IRM

Examen de référence. Elle visualise directement le ligament rompu et explore l'ensemble des structures du genou : ménisques, cartilage, autres ligaments.

À retenir

Le diagnostic est clinique. L'IRM ne le remplace pas : elle vient le confirmer et préciser les lésions associées (ménisques, cartilage, autres ligaments).

Un doute sur une rupture du LCA ?

Le Dr Charles Pioger vous reçoit au CHU Ambroise Paré (AP-HP, Boulogne-Billancourt) pour une prise en charge spécialisée.

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