L'arthrose du genou
L'arthrose du genou, ou gonarthrose, est l'usure progressive du cartilage de l'articulation. C'est une pathologie fréquente, qui évolue par poussées. Sa prise en charge est avant tout adaptée à la gêne ressentie au quotidien : de nombreuses solutions existent, bien avant la chirurgie.
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Dans un genou sain, les extrémités osseuses sont recouvertes de cartilage, un revêtement lisse et résistant qui permet aux surfaces de glisser l'une sur l'autre sans frottement, en amortissant les contraintes. L'arthrose correspond à l'usure progressive de ce cartilage. À mesure qu'il s'amincit, le glissement devient moins harmonieux, l'os situé en dessous se modifie, et l'articulation devient douloureuse et moins mobile.
Cette usure est progressive et, à ce jour, on ne sait pas la réparer : c'est pourquoi la prise en charge vise d'abord à soulager les symptômes, préserver la fonction et la qualité de vie, et à ralentir l'évolution. Le genou comporte trois compartiments : l'arthrose peut toucher la partie interne ou externe (entre le fémur et le tibia), ou la partie située sous la rotule (fémoro-patellaire). La localisation oriente le traitement.
L'arthrose résulte le plus souvent de plusieurs facteurs qui se combinent. Le vieillissement du cartilage en est le terrain le plus courant, mais l'arthrose n'est pas réservée aux personnes âgées.
Arthrose dite « primitive »
Liée à l'usure naturelle du cartilage avec le temps, parfois favorisée par une prédisposition familiale.
Arthrose dite « secondaire »
Survenant après un événement précis : ancien traumatisme du genou, lésion ligamentaire ou méniscale, trouble de l'axe de la jambe (genou en dedans ou en dehors), ou autre pathologie articulaire.
D'autres éléments peuvent accélérer l'usure, comme un surpoids (qui augmente les contraintes sur l'articulation) ou des sollicitations répétées intenses. Comprendre ces facteurs est utile, car certains d'entre eux peuvent être modifiés pour ralentir l'évolution.
Symptômes fréquents
- Douleur à l'effort, soulagée par le repos
- Évolution par poussées douloureuses
- Raideur, notamment au démarrage (« dérouillage »)
- Gonflement (épanchement) lors des poussées
- Gêne progressive dans la marche et les escaliers
Facteurs favorisants
- Vieillissement du cartilage
- Antécédent de traumatisme ou de lésion du genou
- Trouble de l'axe de la jambe
- Surpoids, sollicitations intenses répétées
- Prédisposition familiale
Le diagnostic
- Examen clinique en consultation
- Radiographies du genou en charge (debout)
- Évaluation de l'axe de la jambe
- IRM dans certaines situations particulières
Les traitements
- Rééducation et activité physique adaptée
- Contrôle du poids, semelles, antalgiques
- Infiltrations dans certains cas
- Chirurgie en cas d'échec du traitement médical
Le maître symptôme est la douleur, typiquement déclenchée par l'effort (marche, escaliers, station debout prolongée) et soulagée par le repos. L'arthrose évolue volontiers par poussées : des périodes plus douloureuses, parfois accompagnées d'un gonflement du genou, alternent avec des phases plus calmes.
S'y ajoutent souvent une raideur, en particulier au démarrage après une période d'immobilité (le « dérouillage » matinal), et une gêne qui s'installe progressivement dans les activités quotidiennes. L'intensité des symptômes ne se superpose pas toujours à l'aspect des radiographies : c'est avant tout le retentissement sur votre vie quotidienne qui guide la prise en charge.
Le diagnostic repose sur un examen clinique en consultation, qui apprécie la douleur, la mobilité, la stabilité et l'axe de la jambe.
Les radiographies du genou en charge (debout) sont l'examen de référence. Réalisées en appui, elles évaluent le pincement de l'articulation, signe de l'usure du cartilage, et précisent le ou les compartiments atteints ainsi que l'axe de la jambe.
Une IRM n'est pas systématique : elle est réservée à certaines situations particulières, par exemple pour rechercher une lésion associée. L'ensemble de ce bilan permet de situer le stade de l'arthrose et, surtout, de définir avec vous la stratégie la plus adaptée.
La décision thérapeutique dépend avant tout du retentissement de l'arthrose sur votre qualité de vie, et pas seulement de l'aspect des radiographies. La prise en charge est progressive : on commence par le traitement médical, et la chirurgie n'intervient que dans un second temps.
L'objectif n'est pas de « guérir » l'arthrose — le cartilage usé ne se reconstitue pas — mais de soulager la douleur, maintenir la mobilité et préserver votre autonomie le plus longtemps possible.
Le traitement médical est toujours proposé en premier. Il soulage efficacement une grande partie des patients et peut suffire durablement.
Activité physique et rééducation
Le renforcement des muscles autour du genou (en particulier le quadriceps) et le maintien d'une activité adaptée sont essentiels : un genou bien soutenu par ses muscles est moins douloureux. La kinésithérapie aide à entretenir la mobilité et à protéger l'articulation.
Contrôle du poids
Réduire les contraintes sur l'articulation soulage le genou : la perte de poids, lorsqu'elle est possible, fait partie intégrante du traitement.
Semelles orthopédiques
Des semelles adaptées peuvent décharger le compartiment usé du genou et contribuer à soulager les contraintes sur la zone arthrosique.
Traitements médicamenteux
Antalgiques et anti-inflammatoires aident à passer les poussées douloureuses. Ils sont utilisés selon les besoins, en lien avec votre médecin.
Infiltrations
Dans certaines situations, une infiltration dans le genou peut aider à calmer une poussée douloureuse. Son intérêt est discuté au cas par cas.
La chirurgie n'est envisagée qu'en cas d'échec d'un traitement médical bien conduit. Cet échec correspond le plus souvent à une situation devenue handicapante au quotidien, malgré la rééducation, le contrôle du poids et les traitements médicaux. Une arthrose sévère sur les radiographies n'est pas, à elle seule, une indication opératoire : c'est le retentissement sur votre vie quotidienne qui pose l'indication.
Le choix de l'intervention dépend ensuite de la localisation de l'arthrose, de l'axe de la jambe, de l'âge et du niveau d'activité. Trois grandes options existent.
L'ostéotomie
Elle corrige une déformation de l'axe de la jambe (atteinte extra-articulaire) pour reporter les contraintes sur la partie saine du genou et soulager le compartiment usé. Elle s'adresse notamment au patient de moins de 65 ans présentant une arthrose modérée associée à un défaut d'axe. Elle permet de préserver l'articulation.
La prothèse partielle (unicompartimentale)
Lorsque l'usure est intra-articulaire mais localisée à un seul compartiment du genou, on peut ne remplacer que la zone abîmée, en conservant le reste de l'articulation. C'est une intervention plus ciblée que la prothèse totale.
La prothèse totale
Elle remplace l'ensemble des surfaces articulaires usées. Elle s'adresse aux arthroses étendues à plusieurs compartiments, retentissant nettement sur la vie quotidienne.
Le choix de l'intervention est défini avec vous, en fonction de votre genou, de vos attentes et de votre mode de vie. L'objectif est d'améliorer durablement la douleur et la fonction, avec des bénéfices et des limites expliqués clairement en consultation.
L'arthrose du genou peut-elle guérir ?
Le cartilage usé ne se reconstitue pas, l'arthrose ne « guérit » pas au sens strict. En revanche, on peut très souvent soulager efficacement les symptômes, entretenir la mobilité et préserver la qualité de vie pendant de longues années, grâce à une prise en charge adaptée.
Faut-il forcément se faire opérer ?
Non. La chirurgie n'est envisagée qu'en cas d'échec d'un traitement médical bien conduit, lorsque la gêne est devenue handicapante au quotidien. De nombreux patients sont soulagés durablement par la rééducation, le contrôle du poids et les traitements médicaux. Une arthrose sévère sur les radiographies n'impose pas à elle seule d'opérer : c'est le retentissement sur votre vie quotidienne qui compte.
Le sport est-il déconseillé en cas d'arthrose ?
Au contraire, une activité physique adaptée est bénéfique : elle entretient les muscles qui protègent le genou. On privilégie les activités douces pour l'articulation (vélo, natation, marche). Le type et l'intensité sont à adapter avec votre médecin et votre kinésithérapeute.
Pourquoi des radiographies plutôt qu'une IRM ?
Les radiographies réalisées en position debout (en charge) sont l'examen de référence de l'arthrose : elles montrent le pincement de l'articulation et l'axe de la jambe. L'IRM n'est demandée que dans des situations particulières, par exemple pour rechercher une lésion associée.
Mes radios sont impressionnantes mais j'ai peu mal : est-ce grave ?
L'aspect des radiographies ne se superpose pas toujours à la douleur ressentie. Certaines arthroses très visibles sont peu gênantes, et inversement. C'est pourquoi la prise en charge se décide sur votre gêne réelle, et non sur la seule image.
Un genou douloureux qui gêne votre quotidien ?
De nombreuses solutions existent, bien avant la chirurgie. Le Dr Charles Pioger, responsable de l'unité genou, sport et arthrose, vous reçoit au CHU Ambroise Paré (AP-HP, Boulogne-Billancourt).