La lésion du cartilage : traiter pour protéger le genou
Le cartilage est le revêtement lisse qui permet au genou de bouger sans frottement. Contrairement à d'autres tissus, il ne cicatrise pas spontanément. Une lésion localisée, liée à une ostéochondrite ou à un traumatisme, peut aujourd'hui être traitée par des techniques visant à préserver durablement l'articulation.
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Le cartilage recouvre les extrémités osseuses du genou d'un revêtement lisse et résistant, qui permet aux surfaces de glisser sans douleur et amortit les contraintes. Sa particularité : il ne contient ni vaisseaux ni nerfs, ce qui explique qu'il ne cicatrise pas de lui-même.
Il faut distinguer une lésion localisée du cartilage — une zone précise abîmée sur un cartilage par ailleurs sain — de l'arthrose, qui est une usure diffuse et évolutive. Cette page traite des lésions localisées, qui concernent souvent des patients jeunes et pour lesquelles un traitement spécifique peut être envisagé. L'arthrose fait l'objet d'une prise en charge à part.
Traiter une lésion localisée, c'est protéger l'avenir du genou. En prenant en charge la zone abîmée, on cherche à restaurer une surface de glissement de qualité et à limiter le risque d'évolution vers une usure plus étendue.
L'ostéochondrite disséquante
Un fragment d'os situé sous le cartilage se fragilise et peut se détacher, entraînant avec lui la couche de cartilage qui le recouvre. Elle touche volontiers l'adolescent et l'adulte jeune. Prise à temps, certaines formes peuvent évoluer favorablement.
La lésion traumatique
Un choc ou un mouvement violent, souvent sportif, peut arracher un fragment de cartilage, parfois accompagné d'un peu d'os : on parle alors de fracture ostéochondrale. Elle survient sur un genou jusque-là sain et nécessite un bilan précis.
Symptômes fréquents
- Douleur mécanique, à l'effort
- Gonflement intermittent du genou
- Sensation d'accroc ou de frottement
- Blocage si un fragment se détache
- Symptômes parfois discrets au début
Les causes
- Ostéochondrite disséquante (sujet jeune)
- Traumatisme, souvent sportif
- Fracture ostéochondrale (cartilage + os)
- Parfois favorisée par un défaut d'axe
Le diagnostic
- Examen clinique en consultation
- Radiographies du genou
- IRM : examen clé pour le cartilage
- Évaluation de la taille et de la profondeur
Les traitements
- Traitement médical toujours en premier
- Stimulation osseuse (microfractures)
- Greffe de cartilage (mosaïcplastie, chondrocytes)
- Choix selon la taille et la profondeur
Les lésions du cartilage se manifestent souvent par une douleur mécanique, déclenchée par l'effort et soulagée par le repos, parfois accompagnée d'un gonflement intermittent et d'une sensation d'accroc.
Lorsqu'un fragment se détache et devient mobile dans l'articulation, il peut provoquer des blocages. Les symptômes sont parfois discrets au début, ce qui rend l'examen spécialisé d'autant plus utile pour ne pas laisser évoluer une lésion accessible à un traitement.
Le diagnostic débute par un examen clinique et des radiographies, qui peuvent montrer une ostéochondrite ou un fragment osseux.
L'IRM est l'examen essentiel. Elle visualise le cartilage, précise la taille, la profondeur et la localisation de la lésion, et apprécie l'état de l'os situé en dessous. Ces éléments sont déterminants pour choisir le traitement.
Le bilan recherche aussi une cause favorisante — un trouble de l'axe de la jambe ou une instabilité — car traiter le cartilage sans corriger ce qui l'a abîmé exposerait à une récidive.
Le traitement médical est toujours proposé en premier. Rééducation, adaptation des activités et, dans certains cas, infiltration permettent de soulager de nombreuses lésions, en particulier lorsqu'elles sont peu profondes ou peu symptomatiques.
La chirurgie est envisagée lorsque la lésion est profonde et symptomatique, ou après échec du traitement médical. Le choix de la technique dépend alors de plusieurs éléments : la taille et la profondeur de la lésion, sa localisation, votre âge et votre niveau d'activité. On distingue deux grandes familles de gestes.
Stimuler la formation d'un nouveau tissu
De minuscules perforations sont réalisées dans l'os sous la lésion (microfractures) pour stimuler la formation d'un nouveau tissu. Ce tissu, proche du cartilage sans en avoir toutes les propriétés, comble la zone abîmée. C'est une technique adaptée aux petites lésions.
Remplacer le cartilage abîmé par une greffe
L'objectif est de remplacer la zone abîmée par du cartilage de qualité. Selon les cas, on transfère de petits cylindres de cartilage et d'os (mosaïcplastie) ou on réimplante des cellules du cartilage cultivées en laboratoire (greffe de chondrocytes). Ces techniques visent les lésions plus étendues.
Schématiquement, la taille de la lésion guide le choix : les petites lésions relèvent plutôt de la stimulation osseuse, les lésions moyennes de la mosaïcplastie, et les plus grandes de la greffe de chondrocytes. Pour les lésions très étendues ou après échec d'un premier geste, une greffe de cartilage prélevée sur un donneur (allogreffe) peut être discutée ; elle reste une option exceptionnelle.
La fixation du fragment
Lorsqu'un fragment d'os et de cartilage (ostéochondrite, fracture ostéochondrale) est de bonne qualité, il peut être remis en place et fixé pour cicatriser. C'est l'option la plus respectueuse de l'anatomie quand elle est possible.
Les microfractures
De petites perforations de l'os sous la lésion stimulent la formation d'un nouveau tissu. Technique simple, adaptée aux lésions de petite taille.
La mosaïcplastie (greffe de cartilage)
De petits cylindres de cartilage et d'os, prélevés dans une zone du genou peu sollicitée, sont transférés pour combler la lésion avec du cartilage de bonne qualité. Adaptée à certaines lésions bien localisées.
La greffe de chondrocytes
Des cellules du cartilage sont prélevées, cultivées en laboratoire, puis réimplantées pour régénérer un cartilage de qualité. Réalisée en deux temps, elle est réservée à des lésions plus étendues.
L'allogreffe ostéochondrale
Pour les lésions très étendues ou après échec d'un traitement antérieur, une greffe prélevée sur un donneur peut être envisagée. Elle reste une technique d'exception.

Aucune technique n'est supérieure aux autres dans l'absolu. Le choix dépend de votre lésion, de votre âge et de votre activité. La stratégie la plus adaptée est définie avec vous en consultation.
Une lésion du cartilage est rarement isolée. Son traitement n'a de sens durable que si l'on corrige aussi ce qui l'a favorisée ou ce qui l'accompagne. C'est pourquoi un geste associé est souvent nécessaire dans le même temps :
Corriger l'axe de la jambe
Si la lésion est liée à un défaut d'axe qui surcharge un compartiment, une ostéotomie peut être associée pour décharger la zone traitée et la protéger.
Stabiliser le genou
Si le genou est instable (par exemple en cas d'atteinte du ligament croisé antérieur), la stabilisation est traitée en même temps pour protéger la zone cartilagineuse traitée.
Pour que la chirurgie ait les meilleures chances de réussite, certaines conditions sont réunies : un genou stable, un axe correct (ou corrigé), l'absence d'arthrose installée, et une bonne motivation du patient, car les suites demandent de l'implication.
Le traitement du cartilage demande du temps et de la patience : le nouveau tissu doit mûrir avant de supporter des contraintes importantes. La rééducation est progressive et encadrée, et les modalités d'appui dépendent de la technique réalisée.
Vous êtes un acteur essentiel de cette récupération : le respect des étapes conditionne en grande partie la qualité du résultat. Le calendrier précis vous est expliqué et adapté à votre situation.
Le cartilage peut-il cicatriser tout seul ?
Le cartilage ne contient ni vaisseaux ni nerfs, ce qui limite fortement sa cicatrisation spontanée. C'est pourquoi une lésion localisée peut nécessiter une technique spécifique pour la traiter ou favoriser la formation d'un nouveau tissu, dans une logique de préservation du genou.
Faut-il toujours opérer une lésion du cartilage ?
Non. Le traitement médical (rééducation, adaptation des activités, parfois infiltration) est toujours proposé en premier et soulage de nombreuses lésions, en particulier peu profondes. La chirurgie est réservée aux lésions profondes et symptomatiques, ou après échec du traitement médical.
Une lésion du cartilage, est-ce de l'arthrose ?
Pas nécessairement. Une lésion localisée est une zone précise abîmée sur un cartilage par ailleurs sain, alors que l'arthrose est une usure diffuse et progressive. Traiter une lésion localisée vise justement à protéger le genou et à limiter le risque d'évolution vers une usure plus étendue.
Quelle technique de traitement est la meilleure ?
Il n'existe pas de technique supérieure dans l'absolu. Le choix dépend de la taille, de la profondeur et de la localisation de la lésion, de votre âge et de votre activité, ainsi que de la présence éventuelle d'un facteur à corriger (axe, stabilité). La stratégie est définie avec vous.
Pourquoi parfois corriger l'axe ou le ligament en même temps ?
Parce qu'on traite un genou dans son ensemble, pas seulement une lésion. Si un défaut d'axe surcharge la zone abîmée ou si le genou est instable, traiter le cartilage sans corriger ces éléments exposerait à une récidive. Le geste associé protège la zone traitée.
Combien de temps avant de reprendre le sport ?
Le traitement du cartilage demande du temps : le nouveau tissu doit mûrir avant de supporter des contraintes importantes. Le délai dépend de la technique réalisée et de votre récupération. Un calendrier progressif et encadré vous est proposé et adapté à votre cas.
Une douleur du genou qui évoque une lésion du cartilage ?
Un avis spécialisé permet de préciser la lésion et d'envisager un traitement adapté pour protéger votre genou. Le Dr Charles Pioger, responsable de l'unité genou, sport et arthrose, vous reçoit au CHU Ambroise Paré (AP-HP, Boulogne-Billancourt).