Rupture du tendon rotulien
Le tendon rotulien relie la rotule au tibia : c'est le dernier maillon par lequel la force du quadriceps tend le genou. Sa rupture, plus rare et survenant surtout chez le sportif jeune, interrompt cette chaîne et empêche de redresser le genou. La réparation chirurgicale, suture ou réinsertion, se prévoit dans les jours qui suivent le traumatisme : reconnaître la rupture rapidement est donc l'essentiel.
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Le tendon rotulien relie la pointe de la rotule à l'avant du tibia. Il forme, avec le quadriceps, le tendon quadricipital et la rotule, une chaîne continue appelée appareil extenseur, qui permet de tendre le genou. Le tendon rotulien en est le maillon le plus bas : c'est par lui que la force arrive enfin au tibia pour redresser la jambe.
Lorsqu'il se rompt, la chaîne est interrompue juste au-dessous de la rotule. Le genou ne peut plus être tendu activement, et la rotule, privée de son attache vers le bas, a tendance à remonter. La continuity de l'appareil extenseur doit être rétablie par une réparation, prévue dans les jours qui suivent le traumatisme.
Un profil différent de la rupture du tendon quadricipital. La rupture du tendon rotulien touche plutôt le sujet jeune et sportif, lors d'un mouvement de saut ou de réception. Elle survient parfois sur un tendon déjà fragilisé par une tendinopathie ancienne, et la rupture est le plus souvent complète.
Le mécanisme typique est un effort violent du quadriceps lors d'un saut, d'une réception ou d'un changement d'appui — des gestes fréquents dans les sports de pivot et de détente. La tension exercée sur le tendon dépasse alors sa résistance et le rompt, le plus souvent à proximité de la rotule.
Un antécédent de tendinopathie du tendon rotulien peut fragiliser le tendon et favoriser la rupture. Contrairement à la rupture du quadriceps, qui survient sur un terrain plutôt dégénératif après la cinquantaine, celle du tendon rotulien s'observe surtout sur un genou jeune et sollicité.
Comme pour toute atteinte de l'appareil extenseur, le signe central est la perte de l'extension active : la difficulté à tendre le genou par ses propres muscles. Concrètement, allongé sur le dos, on n'arrive plus à décoller la jambe tendue ni à la maintenir levée sans qu'elle ne fléchisse sous son propre poids. La douleur siège sous la rotule, à l'endroit où le tendon a cédé.
Perte d'extension active
- Impossibilité de tendre le genou seul
- Le genou lâche à l'appui
- Signe d'alerte principal
Une encoche sous la rotule
- Dépression palpable juste sous la rotule
- Douleur à ce niveau
Une rotule remontée
- Privée de son attache basse, la rotule monte
- Visible sur les radiographies de profil
Un accident brutal
- Douleur vive lors d'un saut ou d'une réception
- Impossibilité de reprendre l'appui
Devant un genou douloureux qui ne tient plus en extension après un saut ou une réception, il faut évoquer la rupture sans se laisser rassurer par la seule douleur.
Le diagnostic est avant tout clinique. Le test de l'extension active consiste, allongé sur le dos, à lever la jambe tendue et à la maintenir en l'air : en cas de rupture, ce geste est impossible ou la jambe retombe. La palpation retrouve l'encoche sous la rotule. Les radiographies de profil confirment souvent une rotule remontée, signe indirect très évocateur de la rupture.
L'IRM complète le bilan, sans retarder la prise en charge. Elle précise le siège et l'étendue de la rupture et recherche une éventuelle fragilité tendineuse préexistante. Mais lorsque l'examen est déjà évocateur, la décision ne doit pas attendre : c'est la clinique qui guide.
La rupture complète du tendon rotulien se traite par chirurgie, idéalement dans les jours qui suivent le traumatisme. L'objectif est de réparer le tendon — par suture ou réinsertion sur la rotule — afin de rétablir la continuité de l'appareil extenseur et de redonner au genou son extension active.
Réparer dans les jours qui suivent
La réparation donne les meilleurs résultats lorsqu'elle est réalisée dans les jours qui suivent le traumatisme. Au-delà, le tendon tend à se rétracter et la rotule à rester remontée, ce qui peut rendre le geste un peu plus lourd.
Suturer ou réinsérer le tendon
Le tendon est suturé ou rattaché à la rotule pour reconstituer la chaîne extensive. Selon la qualité des tissus, un renfort peut être ajouté pour sécuriser la réparation.
Protéger puis rééduquer
Le genou est protégé par une attelle, puis la rééducation est conduite de façon contrôlée pour récupérer la mobilité et la force sans surcharger la réparation, et éviter une nouvelle rupture.
Les suites associent une phase de protection par attelle et une rééducation contrôlée, qui progresse par étapes afin de protéger la réparation tout en restaurant la mobilité et la force du quadriceps. Le calendrier est adapté à votre situation et, le cas échéant, à votre objectif de reprise du sport.
Vous êtes un acteur essentiel de cette récupération : le respect des étapes limite le risque de nouvelle rupture et conditionne en grande partie la qualité du résultat final.
En quoi est-ce différent d'une rupture du tendon quadricipital ?
Les deux interrompent la même chaîne, l'appareil extenseur, mais à des niveaux différents : le tendon quadricipital est au-dessus de la rotule, le tendon rotulien au-dessous. La rupture du tendon rotulien touche surtout le sportif jeune lors d'un saut, tandis que celle du quadriceps concerne plutôt l'adulte après 40 à 50 ans.
Pourquoi ma rotule semble-t-elle remontée ?
Parce que le tendon rotulien, qui amarre normalement la rotule vers le tibia, n'assure plus ce rôle. Privée de son attache basse, la rotule est tirée vers le haut par le quadriceps. Cette ascension est bien visible sur les radiographies de profil et constitue un signe indirect très évocateur.
Une tendinite ancienne a-t-elle pu favoriser la rupture ?
C'est possible. Une tendinopathie du tendon rotulien peut fragiliser progressivement le tendon et le rendre plus vulnérable à une rupture lors d'un effort violent. C'est l'une des particularités de cette lésion chez le sportif, et l'imagerie aide à apprécier l'état du tendon.
Faut-il opérer en urgence ?
Il n'y a pas d'urgence vitale. La réparation donne simplement les meilleurs résultats lorsqu'elle est réalisée dans les jours qui suivent le traumatisme : au-delà, le tendon se rétracte et la rotule reste remontée, ce qui peut rendre le geste plus lourd. L'important est donc de consulter rapidement pour organiser la prise en charge.
Pourrai-je reprendre le sport après la réparation ?
L'objectif est de restaurer une extension complète et un genou solide, compatible avec une reprise progressive du sport. Celle-ci se fait par étapes encadrées par la rééducation, afin de protéger la réparation et de limiter le risque de nouvelle rupture. Le calendrier est adapté à votre activité et discuté avec vous.
Une rupture du tendon rotulien est suspectée ?
Cette lésion du sportif se reconnaît à l'examen et se traite d'autant mieux qu'elle est prise en charge sans délai. Le Dr Charles Pioger, responsable de l'unité genou, sport et arthrose, vous reçoit au CHU Ambroise Paré (AP-HP, Boulogne-Billancourt).